Nadine Roudil

Usages sociaux de la déviance. Habiter la Castellane sous le regard de l’institution

Date de parution : 2011

Éditeur : L’harmattan

Collection : Habitat et sociétés

Nombre de pages : 211

ISBN : 978-2-296-12749-4

Résumé

La cité de la Castellane, à Marseille, a été bâtie à flan de colline à la fin des années 60. De ses tours, on dispose d’une vue exceptionnelle sur la baie de l’Estaque. La relation que les habitants entretiennent avec le centre social du quartier et l’école est tout autant singulière. Elle s’inscrit dans la tradition d’un lien tissé depuis des décennies entre les acteurs associatifs et scolaires et les plus démunis. Depuis le début des années 1990, ce lien est affecté par une stigmatisation qui pèse de plus en plus sur la population des cités des quartiers nord de la ville. Cette population touchée par la pauvreté, majoritairement d’origine étrangère, la plus en proie aux difficultés économiques, fait l’objet d’un rappel à la norme quasi permanent. Sans mettre en doute les professions de foi sincères, on observe que les institutions à caractère social et scolaire abordent les habitants de la cité à partir du postulat de leur déviance. La figure de l’exception apparaît à la Castellane à de nombreux titres. La population est prisonnière d’une image qui la sépare du reste de la ville. Les contours de la cité sont dressés à partir d’un discours où les plus jeunes de ses habitants sont souvent considérés comme des fauteurs de troubles potentiels. L’image du notable investi dans la vie locale fait écho à celle du délinquant dont la réputation se répand au gré des faits relatés par la presse locale. Qu’en est-il réellement du quotidien pourtant ordinaire des habitants de la cité ?
Loin des clichés qui empêchent l’intelligence de tels lieux, l’ouvrage restitue une enquête minutieuse et au plus près de la vie quotidienne des principaux concernés, adolescents et jeunes adultes en particulier, habitants et travailleurs sociaux. L’auteur dégage l’impact contrasté des institutions (école et centre social) et les jeux dans lesquels les acteurs trouvent, in fine, des marges de manœuvres à renégocier en permanence.