Yaneira Wilson

Le logement social au XXIe siècle au Venezuela

l’État après la catastrophe

Revue : Le Cahiers de la recherche architecturale urbaine et paysagère 8-2020 Architecture et logement social : quels renouvellements ?

ISNN : 2606-7498

Référence https://doi.org/10.4000/craup.4903

Résumé

Français
La « Grande Mission Logement Venezuela » (Gran Misión Vivienda Venezuela ou GMVV) a été créée en 2011 dans un pays en mutation depuis 1999 avec l’arrivée d’Hugo Chavez au pouvoir, et qui connaît, 21 ans après, une situation de crise généralisée. Ce programme propose la construction massive et rapide de logements destinés prioritairement aux familles touchées par une succession d’événements climatiques. L’article étudie la transformation du territoire et des villes engendrée par la GMVV, qui dépasse le cadre traditionnel d’une politique de la ville. Sont analysés le statut de la propriété, le rôle imputé à l’architecture et à l’urbanisme, le rôle de l’image produite dans ce contexte, le positionnement des habitants face à leur nouveau cadre de vie. La GMVV, fortement étayée par la communication visuelle gouvernementale, est aussi analysée comme facteur de résilience pour ses bénéficiaires, face aux traumatismes révélateurs de la vulnérabilité du territoire et des habitants. Des sentiments paradoxaux d’abandon de la part du pouvoir, mais aussi de reconnaissance d’être logé, ou de fierté à surmonter la situation de crise du pays, font partie chez les résidents des constats de cette étude.

Anglais
The Gran Mision Vivienda Venezuela (GMVV) was created in 2011 in a country that has been undergoing constant change since 1999, when President Hugo Chavez came to power. Twenty-one years later, the country is still experiencing a situation of generalized crisis. This program proposes the rapid construction of houses on a massive scale, mainly destined for families affected by a succession of climatic events. The article studies the transformation of the territories and cities produced under the GMVV, which goes beyond the traditional city policy framework. This article also analyzes property status, the role assigned to architecture and urban planning, the role of images within this context, as well as the stances of inhabitants in the face of their new living environment. Strongly promoted by the government’s official visual communication efforts, the GMVV is also analyzed as a resilience factor for its beneficiaries, in the face of trauma that reveals the vulnerability of the territory and its inhabitants. One of the conclusions of this study is that the inhabitants express a paradoxical and simultaneous feeling of abandonment by the authorities and a recognition for being sheltered, along with pride in overcoming the country’s sustained situation of crises.