Margot Bergerand

L’habitat social de fait : un habitat sans valeur(s) ?

Dynamiques résidentielles, patrimoniales et de régulationDynamiques résidentielles, patrimoniales et de régulation dans le marché locatif précaire des quartiers centraux marseillais

Directeur de thèse : Yankel Fijalkow, Claire Lévy-Vroelant

Discipline : Urbanisme

Année d’inscription : 2018

Université, école doctorale : Université Paris Ouest Nanterre La Défense, ED 395 « Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent »

Financement : Contrat doctoral Paris 10

Référence HAL-SHS :

Résumé de thèse

La notion d’habitat social de fait se réfère à un marché privé du logement qui constitue une réserve accessible pour des ménages qui seraient autrement exclus du marché résidentiel (délais d’attribution de logement social, ménages ne satisfaisant pas les critères, difficultés d’accès au droit ou non-recours, difficultés d’accès au parc locatif libre). Ce parc de logements peut se caractériser par son état de dégradation ou son confort limité, par la situation de précarité de ses occupants ainsi que par le coût économique, social et sanitaire élevé qu’il représente pour ces derniers. Étudié comme un sous-marché composite, le parc social de fait constitue un lieu d’échanges et d’interactions entre des acteurs aux intérêts divergeant qui mettent en place diverses stratégies résidentielles, patrimoniales et de régulation. La thèse porte sur les dynamiques de fonctionnement de ces segments du marché du mal-logement dans les quartiers centraux marseillais, en prêtant d’une part une attention spécifique à leurs imbrications et leurs porosités avec les autres segments de l’offre de logement et d’hébergement et en s’intéressant d’autre part aux valeurs qui y circulent.

Abstract

« De facto social housing » : a market without value(s) ? Residential, patrimonial and regulation dynamics in the poor housing market of central Marseille

The idea of « de facto social housing » is often used by French urban planners, elected officials and experts. It describes a poor housing market which caters to the needs of those who are otherwise excluded from the residential market (due to delays and criteria in social housing allocations, difficulty to assert housing rights, and exclusion from the private rental market). This form of housing can be defined by its state of decrepitude or its lack of confort, by the poverty of its inhabitants as well as by the economic, social and health costs it implies for them. Studied as a mixed and subsidiary market, « de facto social housing » is a place of exchanges and interactions between actors with diverging intrests and different residential, patrimonial and regulation strategies. My thesis concentrates on the different dynamics of these pour housing segments in Marseille’s central neighbourhoods. Its pays particular attention to the different values which circulate in these markets.