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Caroline Rozenholc

Sens du lieu, identifications et méditerranéité à Tel-Aviv et Marseille

Une proposition méthodologique pour l’analyse de la mondialisation des lieux en Méditerranée

Date de parution : 2014

Éditeur : Géographie et Cultures

Nombre de pages : pp. 261-282

Numéro : 89-90

Résumé

Cet article souhaite discuter la question de la mondialisation en Méditerranée que les « Printemps arabes », les mobilisations espagnoles, grecques ou encore israéliennes de 2011 et les drames particulièrement nombreux, ces dernières années, liés aux tentatives migratoires d’une rive à l’autre ont replacée au cœur des débats scientifiques et médiatiques. Il s’appuie, pour ce faire, sur une recherche doctorale menée dans un quartier d’immigration historique du sud de Tel-Aviv (Rozenholc, 2010) dont il propose d’étendre l’approche (par les questions de lieu et les processus d’identification) et la méthodologie spécifiques à Marseille. À partir de ces deux villes, toutes deux largement tributaires des migrations internationales dans la construction de leur identité et dans leur développement urbain, il s’agit de réfléchir aux effets de la mondialisation sur le renforcement et la démultiplication des affiliations identitaires et territoriales, en discutant notam­ment l’émergence de la méditerranéité comme échelle d’identification et comme catégorie d’appartenance. L’apparition de ce terme et les références, de plus en plus fréquentes en France comme en Israël, à la Méditerranée sont entreprises ici à la fois comme l’expression d’une transformation des apparte­nances et comme une clef de lecture de l’action publique sur l’urbain. Le cadre conceptuel est le suivant. Il s’agit d’aborder la question de la mondialisation en Méditerranée, localement, par le rapport au lieu et les modalités d’identification renouvelées qu’il concourt à produire (1er choix), dans des quartiers d’immigration (2e choix) de deux villes du pourtour méditerranéen dont la transformation s’est notoirement accélérée ces dernières années (3e choix) : dès 2003 pour Tel-Aviv, avec l’inscription de la ville au patrimoine de l’Unesco pour son architecture dite Bauhaus et son urbanisme « moderne » ; en 2008 pour Marseille, lorsque cette dernière obtient le titre de Capitale européenne de la culture 2013. De Tel-Aviv à Marseille, ou plus précisément, à partir des résultats obtenus à Tel-Aviv et d’une proposition exploratoire du cas marseillais, il s’agit de sortir du seul cadre national pour réfléchir à une échelle régionale, méditerranéenne, tout en tenant compte des spécificités urbaines, politiques, sociales et migratoires des lieux étudiés. L’article souhaite ainsi poser les jalons d’une réflexion théorique et d’une proposition méthodologique pour analyser la mondialisation des lieux en Méditerranée

Abstract

This article wishes to discuss the issue of globalisation in a Mediterranean that has regain scientific and media attention after the “Arab Spring”, the Spanish, Greek, but also Israeli mobilisations of 2011 and the tragedies we witness in numerous migratory attempts to cross from one bank to the other. In order to do so, this article relies on a doctoral research conducted in a southern neighbourhood of Tel Aviv (Rozenholc, 2010) and on the extension of its approach and methodology to Marseille. From these two cities, both built on international migration, the proposal is to reflect on the effects of globalisation on identity and on territorial affiliations, pointing at the emergence of new category of identification and scale of belonging : Mediterranean-ness. This term, as well as the frequent references to the Mediterranean, in France as well as in Israel, both expresses the transfor­mation some belongings are undergoing and functions as a key to understand urban policies. Three main choices underline and specify the conceptual framework of this article. It addresses the issue of globalisation in the Mediterranean, locally (1st choice), in migrant neighbourhoods (2nd choice) of two Mediterranean cities whose transformation has grown faster in recent years (3rd choice) : since 2003 in Tel Aviv, when the city was inscribed on the Unesco heritage list for its Bauhaus architecture and “modern” urbanism ; in 2008, when Marseille obtained the title of European Capital of Culture 2013. From Tel Aviv to Marseille, from the results obtained in Tel Aviv to the exploration of the Marseilles case, can we go beyond the national frame to reflect on a regional scale, the Mediterranean, taking into account the urban, political, social and migratory specificities of these two cities ?