Héloïse Nez , Marie-Hélène Bacqué (dir.), Joan Font (dir.), Yves Sintomer (dir.)

Les savoirs citoyens dans l’urbanisme participatif : regards croisés sur les expériences de Paris et Cordoue

Directeur de thèse : Marie-Hélène Bacqué

Discipline : Urbanisme et aménagement.

Date de soutenance : 2010

Université : Paris 8 en cotutelle avec l’IGOP/UAB

Résumé

Cette thèse porte sur les savoirs citoyens dans l’urbanisme participatif. Elle interroge la pertinence de cette catégorie d’analyse, qui est également un principe d’action, pour étudier les dispositifs participatifs qui se multiplient depuis deux décennies dans des contextes variés en Europe. A partir d’un cadre théorique à la croisée des sociologies urbaine, des sciences et politique, une enquête ethnographique comparative est menée à Paris et à Cordoue (Espagne). L’analyse suit le parcours des savoirs citoyens, depuis leur formation et leur mobilisation jusqu’à leur intégration et leur impact sur la décision, en passant par leurs interactions avec les savoirs d’autres acteurs. La distinction de différents types de savoirs est utile pour la recherche comme pour l’action, car elle rend légitime la participation des citoyens, en qualifiant leur apport dans l’action publique locale. L’étude des interactions entre acteurs met en avant une dialectique entre conflits de légitimité et de pouvoir d’une part, et effets d’apprentissage d’autre part. Si la démocratie participative permet une ouverture du cercle des savoirs dans l’urbanisme et un déplacement des frontières entre savoirs experts et profanes, des hiérarchies se réintroduisent au sein de la sphère citoyenne à mesure que les participants les plus actifs se professionnalisent. C’est pourtant cette professionnalisation qui permet aux citoyens d’avoir un impact sur les grandes transformations urbaines, en combinant des logiques de savoir et de pouvoir. L’intégration des savoirs citoyens dans la décision améliore la gestion locale et impulse l’innovation urbaine, mais repose la question de la justice sociale dans la ville.

Summary

This thesis focuses on citizen knowledge in participatory urban planning. Its questions the relevance of this category of analysis, which is also a principle of action, to study the participatory mechanisms that multiply for the last two decades in various contexts in Europe. From a theoretical framework at the crossroads of urban sociology, science studies and political sociology, the author led a comparative ethnographic investigation in Paris and Cordoba, Spain. The analysis follows the path of citizen knowledge, from its formation and its mobilization until its integration and its impact on the decision, making passing by its interactions with other protagonists’ knowledge. Distinguish different types of knowledge is useful for research and action because it legitimates citizen participation, describing their contribution to urban policies. The study of interactions between protagonists puts forward dialectics between legitimacy and power conflicts, and learning effects. Although participatory democracy opens the circle of knowledge in urban planning and shifts the boundaries between expert and lay knowledge, hierarchies are reintroduced in the citizen sphere as the most active participants are becoming more professional. Yet it is this professionalism that allows citizens to have an impact on the great urban transformations, combining the logics of knowledge and power. The recognition of citizen knowledge in decision-making improves local management and impulses urban innovation, but raises again the question of social justice within the city.