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Lise Serra

Le chantier comme projet urbain

Directeur de thèse : Hélène Hatzfeld

Discipline : Urbanisme et aménagement

Date de soutenance : 2 avril 2015

École doctorale : ED 395 MCSPP

Université : ENSA Paris-Val de Seine

Jury : M. André Bruston (sociologue et urbaniste, ancien conseiller scientifique auprès de la Déléguée interministérielle à la ville, ancien secrétaire du Plan urbain), M. Robert Carvais (docteur d’État en droit, chercheur au Centre de théorie et d’analyse du droit, UMR CNRS 7074), M. Laurent Devisme (HDR en urbanisme, maître-assistant à l’École nationale supérieure d’architecture de Nantes, chercheur au Centre de recherche nantais architectures urbanités, UMR CNRS 1563), Mme Hélène Hatzfeld (docteur d’État en science politique, chercheure au Centre de recherche sur l’habitat, Laboratoire architecture ville urbanisme environnement, UMR CNRS 7218), Mme Pascale Philifert (HDR en urbanisme, professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense, chercheure à Mosaïques, Laboratoire architecture ville urbanisme environnement, UMR CNRS 7218), M. Vincent Veschambre (HDR, géographe, professeur en sciences humaines et sociales à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon, directeur du laboratoire Lyon architecture urbanisme recherche, UMR CNRS 5600)

Résumé

En questionnant les relations qui existent entre chantier et projet urbain, cette thèse a un double objectif : contribuer à une meilleure compréhension des transformations concrètes de la ville et à une gestion des relations entre chantier et projet urbain, plus innovante et anticipant les exigences des prochaines décennies. Le chantier et le projet urbain sont souvent considérés comme deux étapes sans relation de la fabrication de la ville. Pourtant, l’étude de cinq chantiers d’aménagement et de construction à Lyon, dans le cadre d’une convention CIFRE, montre l’existence de relations complexes entre le chantier et la ville. L’observation des chantiers, les entretiens et l’analyse de réunions font apparaître les limites spatio-temporelles du chantier comme plus poreuses et plus vastes que les seules palissades et le contour des équipes de chantier comme allant au-delà des limites de corporations. Elles permettent d’envisager le chantier comme un projet urbain, dans le sens d’un espace-temps vivant en transformation permanente. Lieu de travail, de vie et d’imaginaire, il est la source de représentations multiples, par l’ensemble des acteurs de la ville en train de se faire : professionnels, élus et citadins. Cette relation est cependant marquée par une triple contradiction : entre l’exigüité des chantiers en zones urbaines denses et leur débordement sur l’espace public ; entre les images positives du chantier, symbole de progrès et de maîtrise des hommes sur leur environnement, et les nuisances qu’il représente ; entre la curiosité qu’il suscite et l’impensé de cet espace-temps lors de la conception des projets urbains. C’est à la condition que les acteurs de l’urbanisme, de l’aménagement urbain et du secteur du bâtiment, les représentants associatifs, élus et habitants prennent en compte ces contradictions que le chantier de la ville peut revêtir le sens de grand projet partagé, d’atelier à l’air libre et de construction en cours, dans une théorie orientée vers l’action.

abstract

Building site as urban design

By questioning the relationship between two related realities usually thought of as separate – building site and urban project – this thesis aims at contributing to a better understanding of actual changes taking place within a city, and managing the relationship between construction and urban design in an innovative manner, to meet the challenges of the coming decades. Building sites and urban projects are often considered as two unrelated stages of change in cities. The analysis of five building sites in Lyon, France, reveals complex relationships between building sites and the surrounding city. The observation of such building sites, along with interviews, show how the building sites’ spatial and temporal boundaries extend further than protective fences, and how the impact of building teams go beyond the confines of corporate staff. These allow us to consider building sites as urban projects in their own right, and as elements of space and time in constant evolution. A place of work, of living and of imagination, the building site becomes the location of multiple representations on behalf all stakeholders – professionals, politicians and citizens – of a city in the course of shaping itself. This relationship, however, is underscored by a triple contradiction : between cramped building sites in dense urban areas overflowing onto the public space ; between positive images of the building site, as representative of technical progress and human control of the environment, and the public nuisance such sites present ; between the curiosity they arouse and the fact that the true effect on a particular time-space is never adequately thought through. Only if those responsible for designing and building the cityscape - community representatives, elected officials along with residents - together take these contradictions into consideration, will city construction take on the character of a shared project, an open-air workspace, within the framework of an action-oriented theory.