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Benjamin Leclercq , Agnès Deboulet (dir.)

L’intermédiation à l’épreuve de la régulation des quartiers d’habitat social

Sociologie des prestataires du développement social

Directeur de thèse : Agnès Deboulet

Discipline : Sociologie

Année d’inscription : 2014

Université : Université Paris 8

Ecole doctorale : ED 401

Résumé

Cette thèse interroge la régulation du lien social entre institutions et habitants au prisme de l’injonction à la médiation et à la participation dans les quartiers populaires. Elle s’intéresse plus particulièrement aux initiatives des organismes HLM, lesquels missionnent des acteurs tiers pour renouer le dialogue avec leurs locataires. Ces prestataires sollicitent les compétences ordinaires des habitants pour faire face aux incivilités et aux dégradations commises par certains locataires, et contribuer ainsi au « changement », entendu comme une remise à la norme des pratiques qui régissent la vie en habitat collectif pour favoriser une auto-régulation du voisinage. Si une telle mise en participation des habitants relève d’une convergence entre objectifs institutionnels de néo management public et de « gouvernementalité », elle se situe dans le même temps aux frontières du travail social et du développement communautaire. Elle crée une situation d’intermédiation qui illustre à sa manière un mouvement général de reconfiguration de l’Etat Social, et interroge les effets de la délégation de la proximité sur les rapports sociaux.

A travers la « participation observante » de 5 dispositifs participatifs mis en place dans des grands ensembles de la grande banlieue parisienne croisée à celle d’une configuration d’interpellation ascendante, la thèse questionne l’ambivalence de l’externalisation de la participation par les organismes HLM. Si le recours à des tiers-facilitateurs participe au renouvellement des modalités d’encadrement des classes populaires, il formalise aussi un espace public qui réinterroge le rôle du conflit dans nos sociétés.