L’hypothese Ecoesthetique : Séminaire Territoires esthétiques - Mercredi 17 Janvier 2018 - CRH
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Martine Bouchier, Dominique Dehais

L’hypothese Ecoesthetique

Séminaire Territoires esthétiques - Mercredi 17 Janvier 2018

Lieu : ENSAPVS 3-15 Quai Panhard & Levassor – 75013 – Paris (Métro Bibliothèque François Mitterrand)

Horaires : 14H00 à 17Hh30 - Salle 705

Organisateurs : Martine Bouchier (ENSAPV et ED 395) & Dominique Dehais (ENSAN)

Intervenants : Xavier Lagurgue, conférence suivie d’un débat ; Patrick Blanc ; biologiste, botaniste, chercheur au CNRS ; Philippe clergeau, écologue, chercheur au CNRS, MNHN.

Contact : territoiresthetiques@gmail.com

Résumé

Par le terme « écoesthétique » du vivant, je désigne le phénomène d’appréciation des choses perçues et pose comme hypothèse que « l’éco-esthétique » est fondamentale à la désormais nécessaire cohabitation des êtres vivants au sein des sociétés multi spécifiques qui peuplent les milieux urbains. Les recherches contemporaines en éthologie et en biologie révèlent que nous partageons avec l’animal et vraisemblablement avec le végétal une capacité première de perception et d’appréciation immédiate de valeurs. Cette hypothèse « écoesthétique » s’appuie sur l’esthétique telle que l’a initié en 1750 Baumgarten comme moyen de connaissance sensible, irrationnel et confus mais immédiat de l’univers, sur la théorie des milieux de Jacob Von Uexküll, sur l’interprétation de Darwin par le grand naturaliste japonais Himanishi, sur les écrits de Gibson à propos de la perception, de J. Dewey sur l’expérience esthétique, sur les synthèses contemporains de Servigne et Gauthier concernant l’entraide, d’Ameisen sur la communication animale, de Waal sur l’empathie.
L’hypothèse « écoesthétique » fait l’objet d’une thèse en cours et résulte des travaux menés depuis trois ans au sein du programme de recherche A.N.R.« Ecoville » qui s’est déroulé de 2014 à 2017. Pour tenter d’en vérifier la pertinence, trois études de terrain concernant les plantes spontanées de la rue, les murs et les balcons végétalisés seront présentés à deux invités d’honneur, Philippe du MNHN, père des trames vertes et bleues et Patrick BLANC, inventeur du « mur végétal » dont on sait toute l’importance qu’il accorde dans ses œuvres à la question esthétique.

Xavier Lagurgue est fondateur et associé de l’agence franco-autrichienne XLGD architectures. Architecte D.P.L.G, titulaire d’un DEA du Centre d’Histoire des Techniques et de l’Environnement (CDHTE), il enseigne le projet d’architectural et urbain à l’ENSAPVS dans laquelle il co anime le domaine d’étude « écologies ». Il enseigne à l’Université Paris Ouest ainsi qu’à l’Institut de la Construction et de l’Habitation du CNAM de Paris. Chercheur au Centre de Recherche sur l’Habitat (CRH LAVUE), il participe à plusieurs programmes de recherche qui traitent de l’interface entre biodiversité et milieu bâti en particulier le projet ANR : « Ecoville » (2014- 2017 dont l’objet est d’étudier la biodiversité sur les murs végétalisé et les rues dans la perspective d’améliorer la résilience urbaine et le projet « SAFRAN » (Fondation de France 2016-2019), traitant des interactions entre activités humaines et écosystèmes de la frange littorale.

Bibliographie relative à a conférence
Blanc, Patrick, et Véronique Lalot. Le mur végétal : de la nature a la ville. Neuilly-sur-Seine : Michel Lafon, 2008.
Clergeau, Philippe, et Nathalie Blanc. Trames vertes urbaines : de la recherche scientifique au projet urbain. Paris : éditions le moniteur, 2013.
Descola, Philippe. Par-delà nature et culture. Bibliothèque des Sciences Humaines. Paris ? Nrf  : Gallimard, 2005.
Dewey, John, Jean-Pierre Cometti, et Joëlle Zask. Expérience et Nature. Paris : Gallimard, 2012.
Gibson, James Jérôme, Olivier Putois, et Claude Romano. Approche écologique de la perception visuelle. Bellevaux : éd. Dehors, 2014.
Goetz, Benoit. « l’araignée, le lézard et la tique  : Deleuze et Heidegger lecteurs de Uexküll ». Le portique. Revue de philosophie et de sciences humaines, no 20 (15 décembre 2007). Http ://leportique.revues.org/1364.
Imanishi, Kinji, Anne-yvonne Gouzard, Hiroyuki Takasaki, Pamela J Asquith, et Baptiste Lanaspeze. Le monde des êtres vivants une théorie écologique de l’évolution. Marseille : éditions Wildproject, 2011.
Servigne, Pablo, et Gauthier Chapelle. L’entraide : l’autre loi de la jungle. Paris : éditions les Liens qui Libèrent, 2017.
Uexküll, Jakob Von, Charles Martin-Freville, et Dominique Lestel. Milieu animal et milieu humain. Paris : éd. Payot et rivages, 2010.
Waal, f. B. M. De. L’age de l’empathie : leçons de la nature pour une société solidaire. Arles [France] ; [Montréal : Actes Sud  ; Lemeac, 2011.

Prochaines conférences
-  14 février 2017 : « Vers une jardinisation des villes », par Aurélien Ramos et Hélène Soulier
-  16 mai 2017 : « Art et Esthétique des luttes », Colloque de clôture