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Hélène Hatzfeld

Des mutations professionnelles révélatrices d’un monde en mouvement

Cahiers Ramau 6

Date : 2013

Editeur : Editions de la Villette

Collection : Cahiers Ramau

Pages : 315-321

ISBN : 978-2-915456-86-8

La problématique traitée dans ce Cahier s’inscrit dans un contexte de profonds bouleversements qui apparaissent en filigrane dans les textes qui se succèdent ici et qu’il convient d’évoquer pour mieux situer les remarques qui suivront. Tout d’abord, les interrogations sur la transformation des métiers de l’architecture, et plus précisément sur la sensibilité des architectes aux mouvements de la société ne sont pas nouvelles . L’évocation rapide de la place prise par les architectes dans les luttes urbaines des années 1970 et notamment à l’Alma-Gare (Roubaix) le rappelle. Il est aussi utile de signaler, pour relativiser (et valoriser !) les observations des auteurs, que l’exercice du métier d’architecte se déroule aujourd’hui dans un monde professionnel qui, au moins sur le plan symbolique, est dominé par de grandes agences à dimension économique et internationale forte. L’image des architectes (excepté quelques architectes-artistes qui font les délices des medias) a perdu de son aura. Celle des urbanistes aussi avec la remise en cause de l’urbanisme foncti/nnalIstd au nom de l’usage et de l’esthétique. Les principes du développement durable, leur déclinaison environnementale, la sensibilité paysagère ont profondément modifié le contexte d’exercice des métiers. Enfin, l’injonction de la participation des habitants est aujourd’hui au cœur de l’architecture et de l’urbanisme, comme expression d’une démocratie dialogique, source de légitimation et vectrice d’un meilleur « vivre-ensemble ». L’analyse des évolutions des architectes et urbanistes ne peut ainsi se faire, comme l’ont montré plusieurs contributions, sans prendre en compte tout un système d’acteurs, le poids des élus locaux, municipaux ou communautaires, mais aussi le poids du secteur privé, des entreprises, des enjeux économiques d’attractivité et de concurrence dans lesquels les villes sont prises.
A partir des éléments fournis par les textes rassemblés ici, il est intéressant de montrer comment, dans ce contexte, se sont opérés un ensemble de déplacements, d’écarts dans les concepts et les modes d’exercice de l’architecture et de l’urbanisme. De puissants nœuds de résistance se manifestent aussi, bien évidemment.(...)