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Benjamin Leclercq , Agnès Deboulet (dir.)

(dé)politiser la gestion du logement social : la professionnalisation de l’intermédiation sociale dans les quartiers « sensibles »

Directeur de thèse : Agnès Deboulet

Discipline : Sociologie

Année d’inscription : 2014

Université : Université Paris 8

Ecole doctorale : ED 401

Résumé

À partir d’une recherche en immersion chez un prestataire associatif pour des organismes HLM, cette thèse analyse les ressorts d’un marché du « vivre-ensemble » dans le logement social – corolaire d’une délégation à des spécialistes de la gestion de conflits normatifs entre résidents d’une part, et entre bailleurs et locataires d’autre part. Depuis les années 1980, dans un contexte de paupérisation du parc social, d’injonctions à la banalisation des quartiers HLM, et de distanciation entre agents des bailleurs et résidents exacerbée par la managérialisation du logement social, un champ de pratiques professionnelles, le Développement Social Urbain, s’est institutionnalisé au sein du monde HLM. Les professionnels qui s’en revendiquent, qu’ils soient internes ou externes aux logeurs, ont pour mandat d’améliorer le cadre de vie des habitants. Pour ce faire, ils cherchent à faire participer les populations à la gestion des problèmes sociaux rencontrés dans les résidences, en se positionnant en tiers entre bailleurs et locataires. Or, la légitimité de ces tiers se trouve contestée par les acteurs jouant localement un rôle d’intermédiaire entre institutions et résidents (agents de proximité, représentants des locataires, acteurs municipaux, etc.). Face à cette situation de concurrence-complémentarité entre « spécialistes » et « profanes » de l’intermédiation, la thèse explore dans quelle mesure la technicisation des problèmes sociaux alimente des processus ambivalents de dépolitisation-repolitisation de la gestion urbaine des quartiers d’habitat social.