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Lucie Bony

De la prison, peut-on voir la ville ?

Continuum carcéral et socialisation résidentielle

Directeur de thèse : Jean-Pierre Lévy

Date de soutenance : 6 décembre 2014

Université : Université Paris Ouest Nanterre la Défense

École doctorale : aménagement et urbanisme (ED 395)

Jury :
Jean-Yves Authier, Professeur, Université Lumière Lyon 2 (examinateur)
Philippe Combessie, Professeur, Université Paris Ouest Nanterre la Défense (co-directeur)
Michel Kokoreff, Professeur, Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis (rapporteur)
Jean-Pierre Lévy, Directeur de Recherche, CNRS (co-directeur)
Marie Morelle, Maître de conférences HDR, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne (rapporteur)
Léna Sanders, Directrice de recherche, CNRS (examinateur)

Résumé

La prison, comme lieu atypique et milieu hors norme, est généralement perçue comme un isolat, qui crée une discontinuité dans son territoire d’implantation. En articulant des approches sociologique et géographique, cette thèse montre au contraire l’existence d’un continuum territorial entre le milieu carcéral et les milieux résidentiels d’origine des détenus. Celui-ci est appréhendé à différentes échelles et à partir de données quantitatives et qualitatives. Une étude statistique et cartographique permet d’identifier et de qualifier les milieux résidentiels d’origine des détenus en Île-de-France : elle dégage les structures démographiques et sociales, écologiques et spatiales du système de lieux que forme la prison avec ces lieux urbains.
Des entretiens avec des détenus et d’anciens détenus ont également été réalisés dans une maison d’arrêt de banlieue parisienne et dans quelques-uns de leurs quartiers d’origine. Les récits recueillis relatent leurs expériences résidentielles avant, pendant et après leur séjour en prison, et donnent à voir de manière synchronique et diachronique leur vécu de la (dis)continuité entre l’intérieur et l’extérieur. Une analyse croisée de ces récits, assortie d’observations du quotidien en détention, montre enfin comment la prison est marquée par les caractéristiques sociales et résidentielles de son peuplement.

Summary

From prison, can we see the city ? : carceral continuum and residential socialization

Prison, as an unusual place and extraordinary habitat, is generally perceived as an isolate, which creates a discontinuity in its territory of implantation. This thesis articulates sociological and geographical approaches and shows instead the existence of a territorial continuum between prisons and inmates’ residential areas of origin. This phenomenon is studied at different scales, with quantitative and qualitative data. A statistical and mapping study identifies and describes inmates’ residential areas of origin in the Paris region : it shows the socio-demographic, ecological, and spatial structures of the system of places that the prison forms with these urban places. I also conducted interviews with prisoners and ex-prisoners inside a jail in the region and in some of their neighborhoods of origin. The stories collected recount their residential experiences before, during and after their stay in prison, and show synchronously and diachronically how they live the discontinuity between inside and outside. A cross analysis of these narratives, together with observations of everyday life in detention, reveals how the prison is marked by the social and residential characteristics of its population.