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Caroline Rozenholc

De la frontière à la marge

Florentin : Explorations géographiques d’un quartier historique

Date de parution : 2008

Éditeur : Tsafon - Revue d’études juives du Nord

Numéro : 55

Dossier : Les cent premières années de Tel-Aviv : 1909-2009

Pages : 99-126

Résumé

Tel-Aviv est désormais inscrite au patrimoine de l’humanité. En 2003, la « Ville Blanche » a, en effet, été reconnue comme synthèse exceptionnelle de l’urbanisme et de l’architecture moderne du 20e siècle. Mais qu’en est-il du « reste » de la ville ? Qu’en est-il de ces quartiers du Sud de Tel-Aviv demeurés à l’écart de l’aventure et de l’enthousiasme général ? En réalité, ces quartiers – tel Florentin, longtemps délaissé, puis réapproprié – montrent la ville globale sous un jour bien contrasté. Celui d’une ville dont le développement, comme réalisation du projet sioniste, a produit des frontières ; des frontières, et des espaces intermédiaires. Deux idées centrales seront donc développées dans cet article. La première : l’étude géographique de quartiers comme celui de Florentin donne à Tel-Aviv une profondeur souvent négligée, voire oubliée, quand la ville est à l’envie présentée, et représentée, comme un espace somme toute neutre. L’analyse de ces espaces, bien qu’extrêmement localisée, met, en effet, en lumière les enjeux territoriaux mais surtout identitaires qui ont accompagné l’expansion de la ville et sa matérialisation sous la forme d’un projet « séparé ». La seconde : ce n’est qu’en replaçant le développement de Tel-Aviv dans son contexte que l’on peut comprendre la marginalisation de quartiers qui ont pourtant joué un rôle crucial dans l’essor de celle-ci. C’est finalement en conjuguant ces deux approches que les répartitions géographiques actuelles des populations (migrants économiques, populations pauvres, nouveaux immigrants, etc.) prennent tout leur sens dans l’agglomération de Tel-Aviv – Jaffa. Quand il semble bien qu’ici comme en Europe, le poids de l’histoire soit le facteur explicatif des disparités spatiales. Aujourd’hui, près de cent ans après la création de la ville, de nouvelles dynamiques, économiques, dissolvent les frontières et font se déplacer les centres de gravité.