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Aurélien Ramos , Martine Bouchier (dir.)

Extension du domaine du jardin

Anatomie des phénomènes de jardinage en dehors du jardin dans le processus de fabrication de la ville

Directrice de thèse : Martine Bouchier

Discipline : Architecture et ville

Année d’inscription : novembre 2015

Ecole doctorale : Université Paris Ouest Nanterre La Défense, ED 395 « Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent »

Résumé

La triple prise de conscience de la finitude écologique, du brassage planétaire et de la couverture anthropique nous oblige à repenser les modes d’aménagement de notre cadre de vie ainsi que nos manières d’habiter.
Avec le concept de « Jardin Planétaire » Gilles Clément propose de penser nos actions, nos modes de vie et de production de l’espace à partir de la matrice du jardin mais en dehors de ses limites étymologiques et ontologiques (Hunt, 1996).
Si la planète est notre jardin, il faut inventer une manière de la jardiner.
Or le jardinage depuis le début du XIXe siècle fait l’objet de prises en charge institutionnelles diverses mais plusieurs glissements sémantiques semblent s’être opérés depuis. D’abord conçu comme une pratique productive (Weber, 1998) le jardinage évolue vers une définition récréative, traduisant ainsi les transformations de la société française (Dubost, 1997). Mobilisé en ville comme outil politique et tactique (Certeau, 1990) d’occupation d’espaces délaissés par les pionniers écologistes des mouvements alternatifs des années 1970 (Reynolds, 2010 ; Tracey, 2007), le jardinage devient à partir des années 1990 un moyen d’accéder à la demande citoyenne de « nature sensible » (Chalas, 2010) et fait l’objet d’accompagnements par les pouvoirs publics à la création de jardins collectifs et partagés (Demailly, 2014).
Mais depuis les années 2000 de nombreuses municipalités françaises se sont dotées de dispositifs d’encadrement, d’invitation voire d’incitation à des formes de jardinage diffuses, informelles, non nécessairement attachées à un jardin, prenant les espaces publics comme terrains d’expression et la ville toute entière comme espace à jardiner. Le « permis de végétaliser » proposé par la Mairie de Paris, ou le dispositif de « végétalisation de rues » instauré par la Ville de Bordeaux en sont des exemples contemporains.
L’objet du présent travail de recherche vise à comprendre en quoi le jardinage, en sortant du jardin, change de statut au regard des enjeux d’aménagement des espaces publics urbains. Il s’agit de vérifier dans quelles mesures il peut constituer un nouveau paradigme pour la fabrication de la ville durable.